Un des rôles important du GELA est de faire des études sur la biologie des
lymphomes. Ces études n'apportent habituellement pas de bénéfice direct au
patient qui y participe.
Elles permettent :
-
de mieux comprendre la maladie et le mode d'action des traitements
-
de rechercher des facteurs qui différencient les maladies qui guérissent de
celles qui rechutent ou résistent aux traitements (facteurs pronostiques)
-
de rechercher des cibles pour d'éventuels nouveaux médicaments
On peut distinguer les études sur le ganglion malade, les études sur le sérum
et les études sur le patrimoine génétique.
LES ETUDES SUR LE GANGLION MALADE
Les plus anciennes sont les études anatomo-pathologiques (étude du
ganglion au microscope) qui ont permis de classer les lymphomes de manière de
plus en plus précise. Elles ont abouti à la classification actuelle, élément
indispensable au traitement, mais se poursuivent en permanence. On peut en
rapprocher les études en immunohistochimie (études à l'aide d'anticorps de
certaines protéines exprimées par les cellules) qui recherchent des facteurs
caractéristiques de certains lymphomes ou qui influencent l'évolution de la
maladie. De nouvelles techniques vont permettre de faire ces études sur de très
petits échantillons et donc d'augmenter le nombre d'anticorps testé par tumeur.
Les études sur les anomalies génétiques rencontrées dans les cellules malades
sont très importantes :
Cytogénétique (Etude des chromosomes)
Comme beaucoup de cellules tumorales, les cellules de lymphomes comportent des
anomalies des chromosomes. Celles-ci touchent uniquement ces cellules et sont
caractéristiques de certains types de lymphome, par exemple :
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La translocation 14 ;18 comporte un échange anormal de matériel chromosomique
entre le chromosome 14 et le chromosome 18. Cette translocation est
caractéristique des lymphomes folliculaires.
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La translocation 8 ;14 comporte un échange anormal de matériel chromosomique
entre le chromosome 8 et le chromosome 14. Cette translocation est
caractéristique des lymphomes de Burkitt.
-
Une anomalie du bras long du chromosome 3 est souvent rencontrée dans les
lymphomes B à grandes cellules.
La connaissance de ces anomalies chromosomiques permet d'aider à préciser le
type de lymphome dont est atteint le malade.
Anomalies géniques
Ces anomalies des chromosomes correspondent toutes à des anomalies des gènes de
la cellule du lymphome. Ces anomalies géniques peuvent être étudiées par les
techniques de biologie moléculaire. elles permettent parfois de comprendre le
mécanisme d'apparition du lymphome. On peut retrouver ainsi :
-
Un dérèglement du gène BCL-2, correspondant à la translocation 14 ;18, dans les
lymphomes folliculaires.
-
Un dérèglement du gène MYC, correspondant à la translocation 8 ;14, dans les
lymphomes de Burkitt.
-
Un dérèglement du gène BCL-6, situé sur le bras long du chromosome 3, dans les
lymphomes B à grandes cellules.
La connaissance de ces anomalies permet aussi de mieux caractériser le lymphome.
De plus, elle permet parfois de suivre la maladie après le traitement, car des
techniques très sensibles permettent de rechercher un nombre faible de cellules
lymphomateuses, c'est ce que l'on appelle la détection de la maladie
résiduelle.
Photo et schéma d'une translocation 14 ;18
Etude de l'expression des gènes
Connaître quels sont les gènes exprimés dans une tumeur permet de mieux la
caractériser, de rechercher ceux qui peuvent influer sur la réponse au
traitement et la gravité et peut-être, à terme, de repérer des cibles pour de
nouveaux traitements.
Les puces à ADN ou micro-arrays sont des outils permettant d'étudier à la fois
l'expression de plusieurs milliers de gènes. Les recherches dans ce domaine
tendent à établir une véritable carte d'identité des tumeurs.
Exemple de puce à ADN.
Emprunté à
M.A.Shipp Nature Medicine 2002 ;8 :68-74
LES ETUDES SUR LE SERUM
Le dosage de certaines substances dans le sang peut témoigner de l'importance
de la tumeur, de son agressivité ou de la réaction de l'organisme à cette
tumeur. De nombreuses études proposent de doser ces substances et de corréler
leur taux à l'évolution de la maladie.
LES ETUDES SUR LE PATRIMOINE GENETIQUE
Ces études portent sur les gènes des cellules normales du patient et non pas
sur les cellules tumorales. Elles visent à identifier des anomalies des gènes
pouvant prédisposer à l'apparition d'un lymphome ou influençant son
comportement ou sa réponse au traitement. Ces dernières études pourraient
déboucher sur la personnalisation des traitements de lymphome.
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