La radiothérapie est surtout utilisée désormais dans le traitement du lymphome
de Hodgkin.
Il s'agit d'un traitement local pendant lequel des rayons de haute énergie sont
délivrés sur une zone précise du corps, siège de la maladie, en préservant le
plus possible les tissus normaux voisins. Les appareils utilisés sont appelés «
accélérateur » ou « cobalt » selon le type de rayonnement émis. Le fait de
recevoir des rayons ne vous rend jamais radioactif.
LA MISE EN PLACE DE LA RADIOTHERAPIE
Vous rencontrerez habituellement en consultation un médecin radiothérapeute qui
vous examinera et vous expliquera votre traitement, la durée et le rythme des
séances. Le premier rendez-vous appelé « centrage » a pour but de définir
précisément la région à irradier, les zones à protéger et la technique
d'irradiation la mieux adaptée à votre cas. Pour cela, des clichés
radiologiques seront réalisés grâce à un « simulateur », appareil possédant les
mêmes caractéristiques techniques que le futur appareil de traitement. La zone
à irradier sera repérée par des marques au feutre sur la peau (à ne pas
effacer) ou par de petits points de tatouage de la taille d'une pointe de stylo
(ces points de tatouages restent de manière permanente). Cette étape de
repérage dure 40 à 60 minutes et le traitement lui même ne débutera que
plusieurs jours après, un certain nombre de calculs étant nécessaires. Pour
préciser encore les régions à irradier et celles à éviter, un «
scanner-radiothérapie » peut vous être proposé, avant, pendant ou après le
centrage.
LA RADIOTHERAPIE
La radiothérapie est habituellement réalisée 1 fois par jour, tous les jours
sauf le week-end. Sa durée peut varier de 1 à 4 semaines selon les cas. Le
rythme et la durée du traitement, déterminés par le radiothérapeute doivent
être respectés. Dès la première séance de radiothérapie, vous rencontrerez
l'équipe de manipulatrices (teurs) qui effectuera chaque jour votre traitement
: un cliché de contrôle sera réalisé, validé par le médecin radiothérapeute.
Vous serez installé(e) par les manipulatrices qui quitteront ensuite la salle
tout en restant en contact avec vous par l'intermédiaire d'un interphone et
d'une caméra. Le tout durera moins de 15 minutes. Une consultation périodique
de surveillance pendant les rayons aura lieu avec votre radiothérapeute,
habituellement toutes les semaines. Le plus souvent, l'irradiation ne nécessite
pas d'hospitalisation.
Les effets secondaires habituels de la radiothérapie
A court et moyen terme :ils surviennent à
partir de la seconde moitié du traitement et régressent sur plusieurs semaines
après son arrêt. Ils sont limités à la région irradiée puisque la radiothérapie
est un traitement local. Par exemple, une radiothérapie de la région de la
gorge, irradiant les glandes salivaires, modifie la qualité et la quantité de
salive dans la bouche. Celle-ci devient alors sèche et sensible : il peut
devenir plus difficile de mâcher et d'avaler. Comme la salive protège les
dents, la sécheresse de la bouche peut accélérer l'évolution de caries et de
gingivites. Des soins particuliers seront alors recommandés. Dans certains cas,
la langue irradiée devient « hypersensible » et le goût des aliments peut se
modifier pour une période prolongée avant de revenir lentement à la normale.
Lorsqu'on irradie la région de la gorge ou du thorax, il peut exister une
inflammation qui se manifeste comme une « angine », mais plus étendue vers le
bas : après quelques semaines de rayons, apparaissent des sensations de brûlure
derrière la gorge et le sternum. Pendant cette ériode, évitez les aliments
acides, secs ou irritants et préférez les repas semi-liquides tièdes. Si le
larynx est inclus dans la zone irradiée, la voix peut faiblir, être sensible
aux variations de climat ou changer de timbre pendant plusieurs semaines. Des
rayons sur le thorax peuvent déclencher une toux sèche persistante. Une
radiothérapie sur le crâne peut entraîner des maux de tête et une fatigue
générale. Une radiothérapie de la région abdominale peut déclencher des
nausées, une tendance à la diarrhée.
Un régime adapté et des médicaments efficaces contres tous ces effets gênants
existent et vous seront prescrits à l'occasion des consultations hebdomadaires.
Plus généralement, dans la zone irradiée et après quelques semaines de rayons,
une réaction de type « coup de soleil » peut apparaître, la peau devenant plus
sèche et sensible. Dans les mois qui suivent l'arrêt du traitement, il peut
persister une discrète pigmentation cutanée, sorte de « bronzage ». Les cheveux
et les poils se trouvant dans les zones irradiées peuvent tomber. Tous ces
phénomènes se corrigeront lentement, après la fin de la radiothérapie.
Pour prévenir ou limiter au maximum les effets des rayons sur la peau, quelques
précautions d'hygiène locale sont à suivre pendant toute la durée de
l'irradiation :
-
éviter les douches et bains trop chauds
-
laisser le plus possible les zones irradiées à l'air libre (non couvertes) sans
les savonner directement mais en laissant couler l'eau savonneuse dessus
-
utiliser du savon de Marseille simple (ou le produit prescrit par votre
médecin) mais jamais d'alcool, d'eau de toilette, de déodorant, de talc ou de
crème sur les zones irradiées
-
sécher sans frotter
-
porter des vêtements amples, en coton, évitant les frottements
Pendant tout le traitement, n'hésitez pas à poser vos questions aux
manipulateurs et à votre médecin radiothérapeute: ils en ont l'expérience.
A plus long terme : certaines complications
en particulier cardiaques, digestives ou pulmonaires peuvent se révéler
plusieurs années après la radiothérapie. Ceci justifie pleinement la poursuite
de la surveillance médicale, bien après la fin du traitement.
Pour plus d'informations : un livret très complet nommé « pour mieux comprendre
la radiothérapie » est disponible soit auprès de votre spécialiste oncologue
radiothérapeute, soit directement auprès de La Ligue Nationale contre le Cancer
(http://www.ligue-cancer.asso.fr).
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