| Les lymphomes sont des tumeurs du système
lymphatique. Le système lymphatique assure la défense de l'organisme.
Il est constitué par les cellules (lymphocytes) des ganglions, de la rate, des
amygdales mais est aussi présent dans tous les organes (en particulier la
moelle osseuse, l'intestin, les glandes,.). Un lymphome peut se développer à
partir d'une des deux grandes familles de lymphocytes : les lymphocytes B ou
les lymphocytes T.

Comme pour la plupart des tumeurs, la cause exacte des lymphomes n'est pas
connue. On sait cependant que les personnes dont les défenses immunitaires sont
affaiblies (après un traitement ou lors de différentes maladies) ont un plus
fort risque de développer un lymphome. Certains virus peuvent favoriser
l'apparition d'un lymphome mais il ne s'agit en aucun cas d'une maladie
contagieuse.
Il y a environ 8000 nouveaux cas de lymphomes, chaque année en France. C'est
une des tumeurs dont la fréquence augmente le plus, son incidence ayant
pratiquement doublée en vingt ans. Les causes de cette augmentation ne sont pas
connues avec précision mais des facteurs de l'environnement sont suspectés
(dioxines, pesticides, .).

Signes révélateurs d'un lymphome
Il s'agit le plus souvent du développement d'une grosseur au niveau d'un
ganglion (du cou, des aisselles ou des aines) ou d'un organe. Parfois la
maladie se manifeste par une perte de poids, de la fièvre, des sueurs ou une
grande fatigue.
LE DIAGNOSTIC
Le diagnostic de lymphome n'est pas toujours facile, loin de là. C'est le
médecin traitant qui y pense devant les signes qui lui sont décrits ou sur les
données de son examen clinique ou d'autres examens (radiographies par exemple).
Dans tous les cas, c'est l'examen au microscope de la tumeur qui permettra
d'affirmer le diagnostic. Ceci nécessite une intervention chirurgicale pour
permettre le prélèvement de la tumeur, c'est ce que l'on appelle une biopsie.
C'est une intervention habituellement bénigne, volontiers faite sous anesthésie
locale si la tumeur atteint un ganglion superficiel (cou, aisselles, aines)
mais qui peut être une intervention plus lourde s'il existe une nécessité de
prélever un ganglion dans le thorax ou l'abdomen. Dans certains cas, la biopsie
peut être faite avec une aiguille spéciale lors d'un examen au
scanner.
L'examen au microscope, appelé examen histologique, permet de faire le
diagnostic mais aussi de préciser le type du lymphome. La connaissance précise
du type de lymphome est importante car le traitement en dépend, cela nécessite
parfois, dans les cas difficiles, de prendre plusieurs avis. La biopsie permet
également de conserver un fragment congelé du ganglion qui pourra servir pour
des études ultérieures.
Il existe en effet plusieurs dizaines de types de lymphome, répertoriés dans
une classification . La classification actuellement utilisée est la
classification de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Cette classification repose sur l'aspect de la tumeur (histologie), le type B
ou T des cellules malades (phénotype immunologique du lymphome) et sur les
anomalies génétiques des cellules de la tumeur (déterminées par l'étude des
chromosomes ou des gènes).
AVANT LE TRAITEMENT
Le traitement ne sera décidé qu'après des examens qui permettront de juger de
l'extension du lymphome et de la répercussion de celui-ci sur l'état général du
patient. Ces examens comprennent au moins des examens de sang, un scanner du
thorax et de l'abdomen et un prélèvement de la moelle osseuse (biopsie
médullaire). D'autres examens sont parfois nécessaires (en particulier
une ponction lombaire,
une fibroscopie ou TEP-TDM).
Les résultats de ces examens permettent de connaître les
facteurs pronostiques qui vont déterminer l'évolution de la maladie et
aider dans le choix du traitement.
D'autres examens sont souvent nécessaires pour rechercher des
contre-indications à certains traitements. C'est le cas des examens cardiaques.
Une conservation de sperme est volontiers proposée aux hommes qui ont un désir
de paternité ultérieure et pour qui le traitement envisagé peut comporter un
risque de stérilité.
Généralement, le traitement se fait par des perfusions intraveineuses répétées
aussi est il proposé l'implantation d'un dispositif
de perfusion qui permettra l'administration aisée du traitement.
LE TRAITEMENT
Le traitement doit se faire sous la conduite d'un médecin spécialisé qui
prendra la décision quant au plan de traitement en fonction du type de
lymphome, de l'âge du patient et des facteurs
pronostiques. Cette décision est habituellement prise lors d'une
réunion de plusieurs médecins compétents dans le domaine des lymphomes : c'est
la réunion de concertation multidisciplinaire (RCP). C'est également au cours
de cette réunion qu'est prise la décision de proposer au patient la
participation à un essai clinique .
Le traitement des lymphomes repose essentiellement sur la
chimiothérapie mais dans certains cas une
intensification thérapeutique avec autogreffe, une
radiothérapie, des injections d'anticorps
monoclonal seront proposés.
Si dans certains cas les traitements standards ont été définis sur l'expérience
antérieure et les résultats des essais cliniques, dans la plupart des cas se
posent encore de nombreuses questions sur la meilleure stratégie de traitement,
sur la possibilité d'utiliser des médicaments nouveaux, sur la qualité de vie
des patients sous ce traitement et sur les effets secondaires à moyen et à long
terme des traitements. Dans ces nombreuses situations il est proposé aux
patients de participer à un essai thérapeutique. C'est à travers ces essais
thérapeutiques qu'il est possible de juger des progrès faits dans les
traitements des lymphomes.
La surveillance
Pendant le traitement, le patient est revu régulièrement par l'équipe médicale
pour surveiller les effets secondaires des traitements. Les examens faits au
début de la maladie (prise de sang, scanner, biopsie, .) sont refaits à
intervalle régulier pour juger de l'efficacité des traitements. Le but de
ceux-ci est habituellement d'obtenir, à la fin du traitement, la disparition
totale des signes de la maladie, on peut alors parler de « rémission complète
». Il est cependant fréquent que persistent à cette date quelques anomalies, en
particulier sur le scanner, on parle alors de « rémission complète incertaine
».
Par la suite, une fois la rémission obtenue, une surveillance est nécessaire.
Elle a pour but de dépister une éventuelle rechute du lymphome, qui ne se
manifeste pas obligatoirement de la même manière que la première fois. Elle
comporte des consultations régulières et des examens qui varient en fonction
des cas. Fréquents au début, ces contrôles s'espacent au fur et à mesure quand
le risque diminue.
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