LES CHIMIOTHERAPIES DANS LES LYMPHOMES
Les chimiothérapies consistent en une association de médicaments administrés
par voie veineuse et par voie orale à intervalle défini. De nombreuses
associations de médicaments (protocole de traitement) sont connues, leur
utilisation dépend du type de lymphome et de son extension. Le protocole de
traitement est défini à l'avance par le médecin responsable mais il peut être
modifié en fonction des effets secondaires et de la réponse de la maladie. Ce
traitement est le plus souvent administré en hôpital de jour mais parfois des
hospitalisations sont nécessaires en raison du type de traitement ou de l'état
du patient. Dans certains lymphomes existe un risque de rechute au niveau des
méninges (enveloppes du cerveau et de la moelle épinière). Il et alors
nécessaire d'administrer à intervalle régulier (entre 4 et 12 fois) la
chimiothérapie dans les méninges en faisant une
ponction lombaire. Pour permettre l'administration intraveineuse de
chimiothérapie pendant plusieurs mois dans de bonnes conditions de confort il
est habituel de poser au patient un dispositif
de perfusion qu'il garde le temps du traitement.
Les effets secondaires des chimiothérapies dépendent du type de chimiothérapie
et varient d'une personne à l'autre. Le médecin qui prescrit la chimiothérapie
informe le patient de ces effets secondaires et de leur fréquence.
Les effets les plus habituels sont :
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A l'immédiat nausées et vomissements. De
très importants progrès ont été faits dans la prévention et le traitement de
ces manifestations. Si malgré cela des nausées et des vomissements surviennent
d'autres médicaments peuvent être donnés.
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Dans les jours qui suivent la chimiothérapie survient très fréquemment
une baisse des globules blancs. La profondeur de cette baisse dépend
du type de chimiothérapie. Des facteurs de croissance (Neupogen, Granocyte)
sont parfois utilisés pour en diminuer l'importance mais ils ne permettent pas
de la faire disparaître. Le taux de globules blancs dans le sang sera, si cela
est nécessaire, surveillé régulièrement par le médecin. L'apparition d'une
fièvre supérieure à 38°, de frissons, d'une sensation de malaise ou de tout
autre événement entre les cycles de chimiothérapie doivent amener à consulter
rapidement le médecin traitant ou l'hôpital.
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La perte des cheveux (alopécie). Elle dépend
aussi du type de chimiothérapie. Souvent dans les lymphomes la perte des
cheveux est totale, elle débute trois semaines après les premières injections
de chimiothérapie et dure le temps du traitement. A la fin des cycles de
chimiothérapie les cheveux repoussent normalement et souvent assez vite. Un
casque réfrigérant est parfois utilisé pour diminuer la perte des cheveux mais
cette méthode est contre-indiquée dans de nombreux lymphomes.
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Le retentissement sur la fertilité. Certaines
chimiothérapies utilisées dans les lymphomes peuvent diminuer la fertilité.
C'est particulièrement le cas des intensifications thérapeutiques avec
autogreffe.
Chez l'homme, il est le plus souvent possible de prélever du sperme avant de
débuter le traitement, de le conserver congelé pour une utilisation plusieurs
années plus tard.
Chez la femme, les chimiothérapies sont souvent responsables d'une irrégularité
des règles, voire de leur arrêt, surtout si la patiente est proche de la
ménopause naturelle. Il est cependant indispensable pendant le traitement
d'avoir une contraception efficace car la plupart des chimiothérapies comporte
un risque de malformation chez les foetus. La contraception orale a de plus
l'avantage de mettre les ovaires au repos et de les protéger ainsi, dans une
certaine mesure, de l'action nocive des chimiothérapies. Dans de rares cas, il
peut être proposé de prélever et de congeler un fragment d'ovaire mais cette
méthode n'est pas toujours possible, elle nécessite une intervention
chirurgicale, son efficacité et son innocuité à long terme ne sont pas connues,
elle reste donc du domaine de l'étude.
Les chances de retour à une fertilité normale dépendent de l'âge du patient et
du type de chimiothérapie utilisé. Le médecin qui prescrit cette chimiothérapie
doit renseigner le patient sur ces questions en fonction du traitement prévu.
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A long terme : certaines chimiothérapies sont susceptibles de favoriser au bout
de plusieurs années l'apparition de maladies cardiaques
ou d'un autre cancer. Ceci souligne la nécessité d'adopter une bonne
hygiène de vie et de poursuivre longtemps la surveillance médicale.
EXEMPLES DE CHIMIOTHERAPIES DANS LES LYMPHOMES
L'ACVBP
L'ACVBP (Adriamycine, Cyclophosphamide, Vindésine, Bléomycine, Prednisone) est
la chimiothérapie de référence du GELA (3
) dans les lymphomes agressifs. Ce traitement comporte :
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une phase dite d'induction (ACVBP proprement dit) dont le but est d'obtenir la
disparition rapide de tous les signes de la maladie. C'est un traitement
chimiothérapique intensif qui dure de deux à trois mois.
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une phase dite de consolidation qui peut consister en des chimiothérapies tous
les quinze jours pendant quatre mois ou en une intensification avec autogreffe
Le CHOP
Le CHOP (Adriamycine, Cyclophosphamide, Vincristine, Prednisone) est une
association de chimiothérapie très classique dans les lymphomes, qui reste le
traitement standard aux Etats-Unis. Moins intensive que l'ACVBP, elle est
désormais réservée, en Europe au moins, aux patients de plus de 60 ans.
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