Ces essais cliniques ont été réalisés il y a quelques années, les inclusions de patients sont terminées mais les analyses ne sont pas encore faites ou pas encore publiées.

LYMPHOMES AGRESSIFS

Protocole LNH98-2 : Patients de moins de 60 ans ayant un facteur de mauvais pronostic.
Dans cette étude, l'attitude thérapeutique dépendait de l'expression de la protéine BCL2 dans les cellules du lymphome. Nous avons montré que l'expression de cette protéine dans les cellules du lymphome influençait défavorablement l'évolution de la maladie (33). Les patients dont les cellules n'expriment pas BCL2 reçoivent un traitement par ACVBP suivi de la consolidation séquentielle classique alors que les patients dont les cellules expriment BCL2 reçoivent un traitement par ACVBP suivi d'une intensification avec autogreffe. Les résultats de la première analyse semblent indiquer que l'autogreffe permet de gommer l'effet défavorable de la protéine BCL2.

Protocole LNH98-3 : Patients de moins de 60 ans ayant un lymphome B avec deux ou trois facteurs de mauvais pronostic.
Cette étude, dédiée aux patients jeunes ayant une maladie particulièrement grave, proposait :  
1. De tenter d'améliorer la réponse au traitement initial avec une nouvelle chimiothérapie dite ACE qui est comparée à l'ACVBP classique. La première analyse ne montre pas de différence entre ces deux chimiothérapies. Dans tous les cas la chimiothérapie était suivie d'une intensification avec autogreffe.
2. De tester l'efficacité de l'administration, après cette intensification, de l' anticorps monoclonal Rituximab pour la prévention des rechutes. La prochaine analyse de cette partie est prévue début 2005.

Protocole LNH98-4 : Patients de plus de 60 ans n'ayant aucun facteur de mauvais pronostic.
La question posée par cette étude est de savoir si un traitement par chimiothérapie seule n'est pas aussi efficace que le traitement classique par l'association chimiothérapie plus radiothérapie dans ces formes de bon pronostic. Les premières analyses sont en faveur de cette hypothèse mais l'analyse définitive est à venir.

Protocole LNH 98-5, mené de 1998 à 2000, dont le but était d'étudier l'apport de l'administration de l'anticorps monoclonal Rituximab à la chimiothérapie de type CHOP chez des malades de plus de 60 ans porteurs d'un lymphome agressif de phénotype B. La première analyse intermédiaire, portant sur 328 patients, a montré un avantage pour l'association CHOP + Rituximab par comparaison à la chimiothérapie CHOP seule (72). La seconde analyse, portant sur les résultats des 400 patients inclus, a largement confirmé ce résultat (97). Depuis l'association CHOP plus rituximab est considérée mondialement comme le traitement standard de ces formes.

Protocole LNH98-6 : Patients de plus de 80 ans ou en mauvais état général ayant un lymphome de phénotype B.
Chez ces patients on utilise habituellement une chimiothérapie à plus faible dose par voie veineuse appelée mini-CEOP. Le but de cet essai était d'introduire une chimiothérapie par voie orale (appelée ZEM) et de la comparer au mini-CEOP en terme d'efficacité et de qualité de vie.

Protocole LNH98-7 : Patients de moins de 60 ans ayant un lymphome de phénotype T avec au moins un facteur de mauvais pronostic.
Les lymphomes T ont une évolution plus sévère que les lymphomes B (5, 49). Il apparaît important au GELA de proposer dans cette maladie de nouvelles associations de chimiothérapie. C'était le but de cet essai qui étudiait l'efficacité d'un traitement intensif avec un traitement de consolidation prolongé. Malheureusement, cette modalité de traitement ne semble pas apporter d'amélioration sensible et de nouvelles voies de recherche doivent être explorées.

Protocole LNH98-8 : Patients de plus de 60 ans ayant un lymphome de phénotype T avec au moins un facteur de mauvais pronostic.
Dans cette population de patients plus âgés, le problème est semblable. Le but ici était d'étudier l'efficacité de l'administration d'une chimiothérapie moins intensive (appelée ESHAP) associée à un médicament qui s'est montré actif dans certains lymphomes T : l'acide rétinoïque. Cet essai a été interrompu car cette association s'est révélée être mal tolérée à cet âge.

Protocole LNH CP-93 : Les lymphomes cérébraux primitifs sont des maladies rares, cet essai proposait d'étudier une chimiothérapie dont l'intensité était adaptée en fonction de l'âge.

Protocole LNH01-5B : Patients de 60 à 65 ans ayant un lymphome B avec au moins un facteur de mauvais pronostic.
Le GELA a effectué ces dernières années, chez ces patients, deux essais thérapeutiques :
  • Le protocole LNH 93-5, mené de 1993 à 1998, dont le but était de comparer à la chimiothérapie de type CHOP, la chimiothérapie de type ACVBP (3) qui comporte une phase d'induction plus intensive que le CHOP, une phase de consolidation avec des médicaments non reçus lors de la première phase et une prévention des rechutes neuro-méningées. La population étudiée était les malades de 61 à 69 ans atteints de lymphome agressif ayant au moins un facteur de mauvais pronostic. L'analyse de cet essai, portant sur 635 patients, a montré un avantage pour le traitement par ACVBP, surtout dans la tranche des 60-65 ans. L'injection par ponction lombaire de chimiothérapie réduit le risque de rechute au niveau des méninges (84).
  • Le protocole LNH 98-5, mené de 1998 à 2000, dont le but était d'étudier l'apport de l'administration de l'anticorps monoclonal Rituximab à la chimiothérapie de type CHOP chez des malades de plus de 60 ans porteurs d'un lymphome agressif de phénotype B. L'analyse, portant sur 399 patients, a montré un avantage pour l'association CHOP + Rituximab par comparaison à la chimiothérapie CHOP seule. L'adjonction du Rituximab n'aggrave pas les effets secondaires du CHOP (72). Le protocole LNH01-5B propose de tester une nouvelle association ACVBP plus Rituximab en la comparant au CHOP plus Rituximab.
Protocole LNH03-3B : Patients de moins de 60 ans ayant un lymphome B avec deux ou trois facteurs de mauvais pronostic.
Dans cette population jeune, de pronostic réservé, le traitement de référence comprend une chimiothérapie (ACVBP) suivie d'une intensification avec autogreffe de cellules souches. L'essai actuel ajoute du Rituximab à l'ACVBP dans le but d'améliorer le taux de réponse avant l'autogreffe. La qualité du recueil de cellules souches est également étudiée.

Protocole LNH03-39B : Patients de moins de 60 ans ayant un lymphome B avec deux ou trois facteurs de mauvais pronostic.
Cet essai, auquel participent un nombre restreint de centres du GELA, diffère du précédent par l'utilisation d'une forme retard de facteur de croissance, le peg-filgrastim, à la place du filgrastim. 

LYMPHOMES FOLLICULAIRES

Protocole FL2000 : Pour les patients porteurs d'un lymphome folliculaire avec une forte masse tumorale.
Protocole mené en collaboration avec le groupe GOELAMS. Dans ce type de lymphome, les travaux du GELA (23) et d'autres groupes ont démontré l'intérêt d'associer à la chimiothérapie un traitement par l'interféron alfa. Par ailleurs, l'efficacité de l'anticorps monoclonal Rituximab a été prouvée dans les lymphomes folliculaires lorsqu'il est utilisé seul ou en association avec la chimiothérapie.
Le but de cette étude était de proposer une triple association chimiothérapie-interféron-Rituximab et de la comparer au traitement classique par chimiothérapie-interféron. Les premiers résultats permettent de conclure à une supériorité de la triple association mais un plus long suivi reste nécessaire.  

Protocole LYM1 : Pour les patients porteurs d'un lymphome folliculaire en deuxième rémission. Etude européenne coordonnée par l'association européenne de greffe de moelle (EBMT), réalisée en France en collaboration avec le groupe GOELAMS. Il s'agit de l'étude de l'intérêt de l'administration de l'anticorps monoclonal Rituximab avant et/ou   après intensification thérapeutique avec autogreffe. Elle est proposée aux patients porteurs d'un lymphome folliculaire, dont la maladie a rechuté après un premier traitement et pour qui une intensification avec autogreffe est envisagée.

Protocole RFM : (Phase II) Patients ayant un lymphome folliculaire résistant au traitement ou rechutant après celui-ci. Le but était d'étudier une nouvelle association thérapeutique : anticorps monoclonal Rituximab + fludarabine + mitoxantrone. Les premiers résultats montrent une très bonne efficacité de cette association pour des effets secondaires qui paraissent limités.

Protocole Z-BEAM : Le Zevalin (Z) est un anticorps radio-marqué disponible depuis peu. Le BEAM (bicnu, etoposide, aracytine, melphalan) est l'association de chimiothérapie la plus utilisée dans les intensifications avec autogreffe de cellules souches. Le but de cet essai est d'étudier l'association du Zevalin et du BEAM avant autogreffe chez les patients atteints d'un lymphome folliculaire ayant rechuté. On espère ainsi augmenter l'efficacité du traitement sans en augmenter la toxicité.

LYMPHOMES DE HODGKIN

Protocole H9 : Traitement de la maladie de Hodgkin stade I et II. Evaluation de l'efficacité thérapeutique, de la toxicité à long terme et de la qualité de vie dans deux groupes de pronostic différents. Cet essai clinique est mené en coopération avec l'Organisation Européenne de Recherche et de Traitement du Cancer (EORTC ) et la Fédération des Centres de Lutte Contre le Cancer.
  • Formes de pronostic favorable : cet essai étudiait la possibilité, dans ces formes, de diminuer la dose de radiothérapie ou même de s'en passer. L'inclusion des patients dans le bras sans radiothérapie a été interrompue en raison d'un plus fort taux de rechute dans ce groupe. Les inclusions sont désormais terminées mais il faudra attendre avant l'analyse finale.
  • Formes de pronostic moins favorable : étudie la toxicité et l'efficacité de trois chimiothérapies différentes en association avec la radiothérapie. Ici aussi, les inclusions sont terminées mais l'analyse finale ne sera faite que dans quelques années.
Protocole H96-1 : Concerne les patients ayant une maladie de Hodgkin stade III ou IV et des critères de mauvais pronostic.
Cette étude comparait l'efficacité d'un traitement classique par huit cycles de chimiothérapie à un traitement plus intensif par quatre cycles de chimiothérapie plus une intensification avec autogreffe. Essai mené en collaboration avec la Société Française de Greffe de Moelle .

Protocoles des échecs et rechutes : En fonction de certains facteurs qui permettent de prévoir la gravité de l'évolution un traitement est proposé qui comprend une ou deux intensifications avec autogreffe.
Essai mené en collaboration avec la Société Française de Greffe de Moelle (SFGM).

Protocole biologique Hodgkin : Il s'agit d'une étude biologique qui apprécie l'influence que pourrait avoir le taux de certaines substances présentes dans le sang sur l'évolution de la maladie de Hodgkin.
Mis à jour le 03 novembre 2006