Le GROUPE D'ETUDE DES LYMPHOMES DE L'ADULTE ou « GELA » est une organisation
non lucrative, constituée à partir de 1987 à l'initiative d'un petit nombre de
médecins oncohématologistes, biostatiticiens et anatomopathologistes, français
et belges. Avec la volonté de développer des essais cliniques de dimension
multicentrique, ce groupe coopératif de recherche clinique fera participer un
nombre croissant d'équipes issues de centres hospitalo-universitaires et
d'hôpitaux non universitaires, ébauchant ainsi un réseau de prise en charge des
lymphomes malins .
Le GELA s'est donné comme objectifs d'évaluer des stratégies thérapeutiques
et des nouveaux médicaments, d'optimiser les outils diagnostiques
et de développer des études biologiques permettant d'établir des
corrélations solides avec les données cliniques et anatomopathologiques.
Ebauché dès 1984 - à l'initiative des Pr. Bertrand Coiffier (Lyon), Christian
Gisselbrecht (Paris), Hervé Tilly (Rouen) et André Bosly (Mont-Godine en
Belgique) - le développement du GELA s'est confirmé par étapes successives, à
partir de 1987, date de ses premiers statuts d'« Association non lucrative
régie par la Loi 1901 ».
C'est aussi la date du démarrage du programme de recherche clinique « LNH87 »
des lymphomes « agressifs », dont le caractère multicentrique permit
d'inclure, à partir d'une cinquantaine de centres participants, 3200 patients
répartis dans quatre études dont les résultats ont été publiés. A la même
époque, le GELA investissait la thématique des lymphomes « indolents »
avec le programme « GELF 86 » puis du lymphome de Hodgkin avec les
programmes « GELF ». Ces programmes ont notamment précisé à travers plusieurs
publications de niveau international, l'apport de l'autogreffe de moelle dans
le traitement de certaines formes graves de lymphome, l'apport de l'Interféron
associé à la chimiothérapie dans les lymphomes indolents et la place de la
radiothérapie dans la maladie de Hodgkin.
L'année 1993 fut un tournant dans la vie du GELA, marqué par une modification
de ses statuts et le démarrage d'une large étude multicentrique, le programme
LNH93. Les statuts furent modifiés afin de refléter la montée en charge du
groupe, les structures de relecture anatomopathologique dirigée par le
Pr. Philippe Gaulard et de biostatistique-informatique dirigée par le
Pr. Eric Lepage furent renforcées et un Comité Directeur de 9 membres mis en
place.
Le programme multicentrique LNH93 des lymphomes agressifs inclut 4300 patients
de 1993 à 1998. Les principaux messages publiés concernent les conditions de
succès ou d'échec des autogreffes, de la chimiothérapie intensifiée et de la
radiothérapie. Parallèlement, les études des lymphomes indolents et de Hodgkin
se poursuivirent, avec notamment le protocole « GELF94 ». Enfin une
contribution importante fut apportée dans le domaine des modèles pronostiques
clinique et biologique permettant une meilleure adaptation des traitements aux
caractéristiques présentées par les patients.
L'étape suivante débute en 1997 avec la rédaction de nouveaux statuts et la
mise en place de nouvelles instances de direction, pour mieux gérer le nombre
croissant d'équipes participant aux études. Les modifications essentielles
consistèrent en l'identification, d'une part d'un Conseil d'Administration
élu de 20 membres ; d'autre part d'un Conseil Scientifique désigné de
22 membres. Le premier Conseil d'Administration fut élu pour une période de 4
ans, de 1997 à 2001, et présidé par le Pr. Christian Gisselbrecht. Le Conseil
Scientifique fut présidé par le Pr.Gilles Salles et chargé de l'expertise
scientifique des études. Une autre étape sera franchie en 2000 avec la création
du « GelaRC ».
En effet, lançés à partir de 1998, les études « LNH98-5 » puis « FL2000 »,
évaluant toutes deux l'association d'un anticorps monoclonal (Rituximab) à la
chimiothérapie, s'avèreront être un succès important pour le GELA. La première
étude, publiée en 2002, conclut à une amélioration notable des taux de guérison
des lymphomes agressifs, ce qui amena les autorités sanitaires européennes à
autoriser cette modalité nouvelle de traitement. L'étude FL2000, qui a été
menée en intergroupe avec un autre groupe français - le GOELAMS - vient de
montrer de la même façon une amélioration des taux de survie dans les lymphomes
indolents.
L'expérience acquise lors de la conduite de l'étude 98-5 fut déterminante pour
le GELA, amené à gérer selon les normes nouvelles dites de « bonne pratique »
les données de 400 patients inclus en deux ans. C'est dans son sillage que fut
prise par l'assemblée générale du GELA de mars 2000 la décision de créer une
structure-soeur baptisée « GelaRC » (RC pour recherche clinique),
chargée de gérer les bases de données des essais menés par le GELA, via le
regroupement de l'ensemble des techniciens de recherche clinique sous
l'autorité d'un directeur exécutif.
Comme le prévoyaient les statuts de 1997, le renouvellement des Conseils
d'Administration et Scientifique du GELA, au terme de 4 années de leur
fonctionnement, est intervenu en octobre 2001. Le Pr. Félix Reyes a été élu
Président du GELA à cette date, et le Pr. Gilles Salles renouvelé dans ses
fonctions de Président du Conseil Scientifique. Le prochain renouvellement des
instances est prévu en Mars 2006.
Le GELA bénéficie de financements publics tels que les contrats de recherche
clinique (PHRC) proposés par le ministère de la santé ainsi que de subventions
d'aide à la recherche consenties par des partenaires, industriels ou privés,
enfin de recettes provenant de contrats commerciaux établis à l'occasion de
certaines études thérapeutiques. Les fonds dont disposent le GELA permettent
non seulement d'aider les centres participants au recueil des données
cliniques, mais aussi d'assurer le fonctionnement des structures transversales
du GELA, notamment de la structure anatomopathologique « GelaP » chargée de
constituer des banques de tissus en vue des études biologiques devenues
indispensables à la définition des stratégies thérapeutiques.
Depuis 2003, plusieurs programmes de recherche thérapeutique sont en cours,
dont les plus importants sont cités ci-dessous :
-
le programme « 03B » de traitement des lymphomes agressifs explorant
diverses combinaisons d'immunothérapie et de chimiothérapie.
-
le protocole « CORAL » de traitement des rechutes, protocole
international associant des équipes européennes, US, australienne, israelienne,
évaluant le traitement par immunochimiothérapie et autogreffe de progéniteurs
hématopoïétiques.
-
en partenariat avec l'EORTC, le protocole « H3-4 » de traitement des
lymphomes de Hodgkin par chimiothérapie intensifiée.
-
le protocole « PRIMA » de traitement des lymphomes indolents par
immunochimiothérapie, protocole international associant équipes européennes et
australienne, plus récemment activé.
Parallèlement, le Gela mène plusieurs études de génomique clinique ,
c'est-à-dire de l'expression anormale de certains gènes par les cellules
lymphomateuses avec l'objectif d'identifier de nouveaux facteurs prédictifs de
la sensibilité aux traitements.
Professeur Félix Reyes
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