L'UE durcit la réglementation sur les teintures capillaires
Le 20 juillet, la Commission a annoncé l'interdiction de 22 substances
pour teintures capillaires. Différentes études ont en effet évoqué un lien
hypothétique entre l'utilisation de ce type de produits et l'apparition de
cancers et de lymphomes.
Rappelons qu'une analyse de 79 études sur les teintures pour les cheveux
publiée l'an dernier dans le Journal of the American Medical Association
a conclu que la teinture n'avait «pas d'effet» sur le risque de cancer
de la vessie et du sein. Elle a cependant découvert un «effet marginal»
de la teinture sur le risque de lymphome et a conclu que, bien qu'il
n'ait pas été démontré que la teinture avait causé ces cancers, le lien
méritait d'être exploré davantage. Les auteurs de l'article demandaient
de nouvelles études avec des coiffeurs, qui sont plus fréquemment et
plus intensément exposés à la teinture que leurs clients.
L'étude européenne parue le mois dernier a provoqué de nouvelles inquiétudes.
Des chercheurs ont interviewé environ 2300 patients souffrant d'un lymphome
et 2400 personnes en bonne santé. L'étude a découvert que ceux qui avaient
déjà teint leurs cheveux avaient 1,19 fois plus de risques d'avoir un
lymphome que les autres. Ceux qui avaient teint leurs cheveux avant 1980
avaient 1,37 fois plus de risques d'avoir un lymphome.
Plusieurs épidémiologistes considèrent ces variations comme négligeables.
En guise de comparaison, le Dr Barnett Kramer, du National Institute of
Health, mentionne que les gens qui fument risquent de 10 à 60 fois plus
d'avoir le cancer du poumon. Puisque l'étude repose sur des souvenirs de
longue date des habitudes des gens, il pourrait être erroné de conclure
que la teinture des cheveux est liée aux lymphomes, selon le Dr Kramer.
Le Dr Silvia de Sanjosé, chercheuse à l'Institut catalan d'oncologie de
Barcelone et auteur principal de l'étude, dit que les gens devraient être
soulagés des résultats de sa recherche plutôt qu'inquiets. «Si nos chiffres
sont corrects, nous sommes certains que la teinture pour cheveux n'est pas
un facteur de risque majeur pour les lymphomes», dit la chercheuse,
qui colore ses cheveux depuis cinq ans et compte continuer à le faire.
«Les gens devraient être heureux et soulagés que l'effet observé soit mineur.»
Comme tellement de gens se teignent les cheveux, il s'agit d'une question
de santé publique qui mérite d'être étudiée de plus près. Et nombre
d'utilisatrices voudraient bien recevoir de meilleures garanties.
Hervé Tilly
http://www.journaldelenvironnement.net
Et pour en savoir plus : http://www.cyberpresse.ca
et encore plus : http://www.ncbi.nlm.nih.gov
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